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Flash Mieux-Être 06 - Cette voix intérieure qui vous juge est-elle la vôtre ? - 07 oct 2026

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Replay du Flash Mieux-Être

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La peur qui ne dit jamais son nom

Transcription de la vidéo

Cette voix qui dit « pas assez bien »

Cette voix intérieure qui vous dit que vous ne faites jamais assez bien, vous la connaissez ? Celle qui commente votre travail avant même que vous l'ayez fini. Celle qui, le soir, refait la journée en ne gardant que ce qui a raté.

Et si cette voix n'était pas tout à fait la vôtre ?

Dans les quinze prochaines minutes, on regarde d'où elle vient, je vous propose un exercice pour lui répondre autrement, et je vous donne un repère pour trier ce qu'elle vous dit.

D'où vient cette voix ?

Cette voix qui vous juge, vous ne l'avez peut-être pas inventée. Écoutez comment elle parle. Elle dit « tu ». Elle emploie des mots qu'on n'emploierait jamais avec un ami. « Tu pourrais faire un effort. » « Tu te contentes de peu. » Ces phrases ne sont pas nées en vous : vous les avez entendues quelque part.

Chez beaucoup de personnes, elles viennent d'un parent exigeant, d'une école sévère, d'une époque où bien faire conditionnait l'affection ou la sécurité. Un enfant ne peut pas se dire que l'adulte se trompe. Alors il adopte la règle, et se la répète lui-même avant qu'on ne la lui répète.

Plusieurs approches en psychologie appellent cela l'intériorisation. C'est un repère, pas une loi, et il ne s'agit pas ici de chercher un coupable : mais reconnaître l'origine de cette voix permet de se décaler de côté et de prendre du recul.

Une voix qui n'a pas toujours la même provenance

Car cette voix n'a pas toujours la même provenance. Pour certains, c'est l'enfance. Pour d'autres, une école, un milieu professionnel, une période précise de la vie. Et d'ailleurs, si aucune scène ne vous revient, ce n'est pas grave : rien ne vous oblige à en chercher une.

Mais ceux qui nous ont parlé ainsi reproduisaient souvent ce qu'on leur avait fait. Et à force de répétition, nous avons fini par prononcer leurs mots avec notre propre bouche. C'est pour cela qu'ils nous semblent être les nôtres.

Faisons un petit test, si vous voulez : si un ami vous parlait avec la sévérité que votre voix intérieure adopte parfois, que lui diriez-vous ?

Un exemple, imaginé pour l'occasion

Prenons un exemple, imaginé pour l'occasion. Une personne rédige un courriel de trois lignes. Elle le relit cinq fois. Elle change un mot, puis le remet. Pendant ce temps, une voix murmure : « Tu vas passer pour quelqu'un d'incompétent. » Si on lui demande d'où vient cette phrase, elle hésite. Puis elle se souvient d'un professeur qui lisait les copies à voix haute, en commençant par les plus faibles. Ce professeur est à la retraite depuis trente ans. La phrase, elle, est restée. Voilà comment cela se passe souvent : la scène a disparu, mais la phrase continue de travailler. Cet exemple est une illustration, pas un cas réel. Votre histoire à vous peut être très différente, et c'est tout à fait normal.

Une voix qui a probablement déjà été utile

Cette voix qui vous juge a probablement déjà été utile. Quand on a huit ans et qu'une mauvaise note déclenche une scène avec les parents, se surveiller est une stratégie intelligente. Devancer la critique avant qu'elle vienne, c'est une façon de se protéger. Le problème n'est pas qu'elle ait existé. C'est qu'elle continue de parler alors que le contexte qui la justifiait a disparu.

Imaginez un gardien qui fait sa ronde dans un bâtiment fermé depuis vingt ans. Il est consciencieux mais il ne sait pas que le chantier est terminé.

Une injonction ancienne, née dans un contexte précis

Ce qui rend encore la chose plus difficile, c'est le ton que prend cette voix intérieure. Elle ne dit pas « voici mon avis ». Elle dit « voilà ce que vous valez ». On la prend pour un constat, alors que c'est une injonction ancienne, née dans un contexte précis.

Regardez ce qui a changé depuis. L'école est finie. Le parent a vieilli, ou n'est plus là. Le premier patron est parti depuis longtemps. Et vous avez aujourd'hui des moyens que vous n'aviez pas alors : choisir vos relations, dire non, vous défendre. Mais le gardien, lui, n'a pas été prévenu.

Le gardien n'est pas votre ennemi

Une chose mérite d'être dite à propos de ce gardien : il n'est pas votre ennemi. Il cherche à vous éviter la honte, le rejet, la punition. Sa méthode date d'une autre époque, mais son intention, elle, mérite un peu de respect. Il surveille, il compare, il alerte, parce que c'était sa façon de vous protéger quand vous en aviez besoin. Alors on peut commencer par lui dire : « Je sais que tu veux m'aider. » Puis : « Je prends le relais. » Je vous propose cette image comme une façon de voir les choses, pas comme une vérité scientifique. Certaines personnes s'y reconnaissent, d'autres pas. Si elle ne vous parle pas, laissez-la de côté.

Ne pas la faire taire : changer de rapport avec elle

Essayer de faire taire sa voix intérieure ne marche presque jamais. Se dire « arrête de te juger », c'est un jugement de plus, et la voix revient souvent plus forte. Ce qui tient mieux dans la durée, c'est de changer de rapport avec elle : l'entendre, sans lui obéir automatiquement. Elle parle, vous écoutez, et c'est vous qui décidez ensuite.

Deux façons de réagir, et une troisième

Car on réagit en général de deux manières. La première : se battre contre elle. On se répète « tais-toi, arrête de me parler comme ça ». Elle revient, souvent plus bruyante, et l'on a juste ajouté de la fatigue. La seconde : lui obéir au doigt et à l'œil. On vérifie encore, on retravaille, on s'excuse d'avance. Cela calme un moment. Puis elle en demande davantage, parce que chaque obéissance lui laisse croire que l'inquiétude était justifiée. Entre les deux, il existe une autre manière. L'écouter comme on écoute quelqu'un d'inquiet, sans lui confier le volant. Vous reconnaissez peut-être l'une de ces deux manières chez vous. Ce n'est pas un défaut : c'est ce que presque tout le monde essaie en premier.

Exigence utile ou exigence qui écrase ?

Mais comment distinguer une exigence utile d'une exigence qui vous écrase ? Voici un repère simple. Une exigence utile parle de ce que vous faites. Elle est précise et elle débouche sur un geste : « Cette présentation manque de clarté dans la deuxième partie, je la reprends demain. » Mais une exigence qui écrase parle de ce que vous êtes. Elle est floue et elle ne mène nulle part, sauf à la honte : « Tu es nul, tu n'y arriveras jamais. » La première s'écoute. La seconde écrase. Posez-vous la question : ce que j'entends m'aide-t-il à agir, ou seulement à me sentir petit ? Ce repère n'est pas infaillible, et certaines exigences précises et justes piquent un peu, mais c'est un bon point de départ.

Pourquoi donner un nom à la voix ?

Avant de passer à la pratique, je voudrais vous dire pourquoi elle est construite ainsi. Quand la voix dit « tu es nul », on entend une information sur soi. Quand on lui donne un nom, une forme, un âge, on déplace la phrase. Elle devient quelque chose que l'on entend, plutôt que quelque chose que l'on est. Certaines approches, comme la thérapie d'acceptation et d'engagement, appellent cela la défusion. C'est une pratique simple et sans matériel. Elle ne garantit rien : certaines personnes la trouvent utile, d'autres beaucoup moins, et les deux sont normales. Elle ne vise pas à vous rendre insensible à la critique. Elle vise à laisser un peu de place entre ce que la voix dit et ce que vous faites ensuite.

Un rappel avant l'exercice

Un rappel pour celles et ceux qui découvrent le Flash Mieux-Être : je partage ici des repères généraux et des pistes de réflexion. Ce n'est ni un diagnostic, ni un suivi personnalisé. Bien ! Passons maintenant à l'exercice.

Exercice guidé : prendre de la distance avec la voix

Voilà un exercice court pour prendre de la distance avec votre critique intérieur. Il est facultatif : adaptez-le, et arrêtez-vous si quelque chose devient désagréable.

Sentez d'abord vos pieds sur le sol, ou le poids de votre corps sur la chaise. Prenez deux respirations amples, et relâchez les tensions des épaules à l'expiration.

À présent, rappelez-vous une phrase habituelle de cette voix. Pas la pire, une phrase ordinaire.

Remarquez le ton. L'âge qu'elle semble avoir.

Donnez-lui un nom, ou une forme. Ce qui vient, sans chercher longtemps.

Dites-lui, intérieurement : « Merci, j'ai entendu. Et je décide quand même. »

Redites-le, lentement. « Merci, j'ai entendu. Et je décide quand même. »

Pas besoin de la faire taire. Juste de ne plus lui laisser le dernier mot.

Précautions

Cet exercice s'adresse au dialogue intérieur exigeant du quotidien. Si votre auto-critique s'accompagne d'une dévalorisation profonde et durable, ou de pensées noires, un exercice ne suffit plus : parlez-en à un médecin ou à un psychologue. En cas d'idées suicidaires, appelez le 3114 en France, ou le 112 en urgence.

Après l'exercice : qu'avez-vous remarqué ?

Maintenant, si vous avez fait l'exercice avec moi, prenez un instant. Qu'avez-vous remarqué ? Peut-être un nom est-il venu tout de suite. Peut-être rien n'est venu, et c'est très bien aussi. Peut-être que la voix a semblé plus petite, ou au contraire plus bruyante. Dans tous les cas, vous avez observé, et c'est tout ce que l'exercice demandait. Si quelque chose de pénible est remonté, ne le forcez pas. Posez votre téléphone, respirez, et parlez-en à une personne de confiance. Et si rien ne s'est passé, ce n'est pas un échec. Cela se travaille comme un geste, par petites répétitions : la prochaine fois que la voix parlera pour de bon, au milieu d'une journée ordinaire, dites simplement « merci, j'ai entendu ».

Vos questions de la semaine

Voyons maintenant les questions que vous m'avez posées cette semaine. Et comme d'habitude, mes réponses restent générales.

Et si cette voix avait raison, parfois ?

On m'a demandé : et si cette voix avait raison, parfois ? C'est possible, et c'est une bonne question. Il arrive qu'elle relève une vraie erreur. Posez-vous ces deux questions : est-ce que ça porte sur un fait précis ? Est-ce que ça me donne quelque chose à faire ? Si oui, tenez-en compte, et remerciez-la. Sinon, c'est probablement l'ancienne voix.

Le discernement utile et l'exigence excessive ne se confondent pas : l'un s'écoute, l'autre écrase.

Est-ce que ça vient toujours de l'enfance ?

Autre question posée cette semaine : est-ce que ça vient toujours de l'enfance ? Souvent, pas systématiquement. Pour certains, je l'ai déjà dit, c'est l'école, pour d'autres le travail, un milieu, voire un moment précis de la vie. Et il est inutile de forcer une explication si elle ne vous parle pas : l'exercice peut servir même si vous ne savez pas d'où vient la voix. Il vous permet de la mettre à distance et de l'observer.

Faut-il en vouloir à ses parents ou à ses professeurs ?

Une autre question revient souvent, sous différentes formes : faut-il en vouloir à ses parents, ou à ses professeurs ? Comprendre d'où vient une voix n'oblige pas à désigner un coupable. Cela n'oblige pas non plus à excuser quoi que ce soit. Vous pouvez reconnaître que certaines paroles vous ont blessé, et reconnaître aussi que leurs auteurs faisaient souvent avec ce qu'on leur avait transmis. Les deux peuvent coexister. Quand ces paroles ont été violentes ou répétées, ce n'est pas votre sensibilité qui est en cause, et vous n'avez pas à les relativiser. Là encore, si ce sujet pèse lourd, il mérite un espace plus adapté qu'une vidéo publique.

Les situations très personnelles

D'autres questions posées touchaient à des situations trop personnelles. Et là, je ne peux pas répondre dans cette vidéo : il n'y a pas de suivi individualisé possible ici, et vous n'avez pas à détailler votre situation en commentaire. Je dirai à la fin comment aller plus loin.

Ce qu'il faut retenir

Pour finir, retenons ceci. La voix qui juge sévèrement ne vient presque jamais de nulle part. La reconnaître comme héritée, plutôt que comme une vérité sur vous, change déjà beaucoup. Et la question utile n'est pas « comment la faire taire », c'est « est-ce que je lui obéis, ou est-ce que je l'écoute seulement ? » Cette semaine, essayez donc une seule chose : nommer cette voix la prochaine fois qu'elle parle. Rien d'autre.

La Séance Découverte

Si elle vous accompagne depuis longtemps, ou si vous avez une situation plus personnelle à aborder, je vous invite à profiter de ma Séance Découverte : une demi-heure en visio, offerte et sans engagement. Les informations sont sur jeromenathanael.com.

Prochain Flash Mieux-Être : mercredi 14 octobre

Si cette vidéo vous a servi, enregistrez-la pour y revenir. N'oubliez pas de mettre un petit like ! Et si un thème vous tient à cœur, dites-le-moi en commentaire.

Prochain Flash mercredi 14 octobre, sur la dispersion. Il sera annoncé lundi et vous pourrez comme d'habitude poser vos questions en messages directs.

Bonne semaine à tous et à bientôt.

© Jérôme Nathanaël 2020-2026. Tous droits réservés. Partage et citation autorisés avec mention de la source.


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