Flash Mieux-Être 07 - Envie de tout vivre à la fois, élan ou échappée ? - 12 oct 2026
Chaque mercredi à 19h, je réponds à vos questions
Chaque mercredi à 19h, je réponds à vos questions durant mon Flash Mieux-Être hebdomadaire de 15 mn sur mon profil Instagram.
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Replay du Flash Mieux-Être
Voir le Flash Mieux-Être #06 évoqué dans la vidéo
Cette voix intérieure qui vous juge est-elle la vôtre ?
Transcription de la vidéo
Quand l'agenda déborde
Bonsoir à toutes et à tous, et bienvenue dans ce septième Flash Mieux-Être.
Il y a des périodes où l'agenda déborde. Le travail, la famille, le sport, les projets qu'on repousse depuis des mois. Et puis, un dimanche soir, une petite voix murmure : Et si, en plus, je m'y mettais ? L'envie d'une formation, d'un voyage, d'une nouvelle pratique ou d'un nouveau projet. Alors dans la tête, tout cela se met à défiler, sans que rien ne prenne vraiment le dessus.
Si cette situation vous est familière, ce Flash Mieux-Être est pour vous. Nous allons regarder ensemble cette envie de tout vivre à la fois. Est-ce un élan ? Est-ce une échappée ? Ou peut-être un peu des deux ?
Je ne vais pas vous dire d'en faire moins, ni d'en faire plus. Mon intention est plus simple : vous offrir une manière de regarder votre rythme avec un peu plus de clarté.
La profusion des possibles
Commençons par une évidence que l'on oublie parfois : jamais une époque n'a offert autant de possibles. À l'échelle d'une vie ordinaire, nos grands-parents voyaient un horizon assez restreint. Nous, nous avons des milliers de formations, de destinations, de pratiques, de rencontres qui semblent s'offrir à nous.
Alors, forcément, l'envie de tout goûter est compréhensible. Et je veux le dire très clairement : avoir plusieurs centres d'intérêt n'a rien d'un défaut. La curiosité est une qualité. Beaucoup de personnes épanouies mènent plusieurs projets de front, et s'en portent très bien.
Mais cette profusion a un revers qui nous touche particulièrement. Quand tout est possible, ce que l'on ne fait pas prend facilement l'allure d'une occasion manquée. Chaque choix semble coûter une renonciation. C'est un peu comme une table où l'on poserait sans cesse de nouveaux plats avant d'avoir goûté les précédents. Alors on garde tout ouvert, tout en réserve, au cas où.
Je vous propose une petite scène. Je ne décris personne en particulier, mais vous y retrouverez peut-être un peu de vous. Imaginez une personne qui s'inscrit à une formation en septembre. En octobre, elle relance un projet de musique laissé de côté depuis des années. Pour décembre, elle prépare déjà un voyage. Chacune de ces envies est belle, prise une à une. Et puis, un soir de semaine, cette personne rentre chez elle, s'assoit, et ne fait rien de tout cela. Elle ne se repose pas vraiment non plus. Elle reste là, avec le sentiment diffus d'être en retard sur tout. Cela ne dit rien d'un manque de volonté. C'est seulement que plusieurs élans avançaient en même temps, et aucun n'avait eu sa vraie place.
Il y a aussi un coût très concret, du côté de l'attention. Les travaux de psychologie cognitive sur le changement de tâche suggèrent que passer sans cesse d'une activité à une autre demande un effort : on reprend plus lentement, on commet davantage d'erreurs. Soyons honnêtes sur le niveau de certitude : c'est bien documenté en laboratoire, pour des tâches précises. Dans la vie réelle, c'est plus nuancé, et cela varie beaucoup d'une personne à l'autre. Mais vous connaissez peut-être cette petite scène : relire trois fois le même message, parce qu'une partie de soi était déjà ailleurs.
Une autre idée circule à ce sujet, popularisée par le psychologue Barry Schwartz : plus on nous offre d'options, plus choisir devient pénible, et plus on risque d'être insatisfait de ce qu'on a choisi. Cette idée séduit parce qu'elle ressemble à ce que beaucoup d'entre nous vivent. Cependant, là encore, prudence : les études ont donné des résultats contrastés, et une synthèse de plusieurs travaux n'a trouvé, en moyenne, presque aucun effet. Mais je vous la propose quand même comme une piste de réflexion, pas comme une loi.
Retenons donc ceci. Le problème n'est pas l'ampleur du désir, ni la multitude de ses objets. Le désir de vivre, d'apprendre, d'explorer, est précieux. La question est plutôt : que devient ce désir quand plus rien n'a le temps de se poser
Élan ou échappée : une hypothèse
Je vais maintenant vous proposer une hypothèse. Je dis bien une hypothèse : une grille de lecture parmi d'autres, pas un fait établi, et certainement pas une règle valable pour tout le monde.
Si vous avez vu le Flash de la semaine dernière, sur le juge intérieur, un lien vous est peut-être déjà venu. Quand une voix intérieure nous reproche de ne pas en faire assez, s'arrêter devient difficile : le repos s'accompagne de culpabilité, alors on continue. Le juge intérieur et la dispersion peuvent donc se nourrir l'un l'autre. Là encore, c'est une piste, pas une vérité pour tout le monde.
Voici maintenant l'hypothèse, en une phrase : l'agitation occupe l'attention, et ce qui occupe l'attention laisse moins de place à ce qui demande du silence. Une fatigue qu'on ne veut pas regarder. Une insatisfaction diffuse. Une décision repoussée. Une conversation qu'on n'ose pas avoir. Tant que l'agenda est plein, ces choses-là restent en coulisses.
C'est un peu comme laisser la radio allumée dans la maison pour ne pas entendre un bruit qui nous inquiète. La radio n'est pas coupable : elle fait simplement du bruit à notre place.
Beaucoup de traditions contemplatives, dans des cultures très différentes, ont observé quelque chose de proche : quand on s'arrête, ce que l'on évitait a tendance à remonter. Et c'est parfois une expérience difficile à vivre, car elle nous place subitement devant une part de soi qu'on avait négligée.
Rythme choisi, rythme subi : s'y repérer sans se juger
Et attention : cela ne veut pas dire que toute vie chargée cache quelque chose. Deux personnes peuvent vivre exactement la même semaine, l'une dans un rythme choisi, l'autre dans un rythme subi. Ce n'est pas la quantité qui fait la différence, c'est la manière dont on la vit.
Il faut aussi le dire simplement : un rythme subi n'a pas toujours une origine intérieure. Il y a la charge de travail qu'on ne choisit pas. Les enfants, les parents qu'on accompagne, les fins de mois difficiles. Dans ces situations, courir ne dit rien d'une fuite : on répond à des contraintes bien réelles. Tout lire comme une affaire de psychologie serait donc injuste. L'hypothèse dont je parle ne concerne que la part du rythme qui nous appartient, et cette part peut malheureusement être mince. Mais même mince, elle mérite d'être regardée.
Alors, comment s'y repérer sans se juger ? En se posant des questions simples, plutôt qu'en accumulant des signes d'insatisfaction. Première question : puis-je m'arrêter une soirée entière sans malaise ? La deuxième : ai-je choisi chacun de mes engagements, ou se sont-ils accumulés peu à peu ? Et la troisième : si l'on m'ôtait l'un d'eux demain, ressentirais-je du regret, ou du soulagement ?
Il n'y a pas de bonne réponse. Ces questions ne servent pas à vous évaluer. Elles servent à ouvrir un peu d'espace pour mieux discerner notre situation.
Ne pas tout arrêter, et savoir quand consulter
Alors, faut-il tout arrêter ? Surtout pas. Décider dans l'urgence de tout couper serait une autre forme d'agitation. La démarche est plus modeste : il s'agit d'y voir clair d'abord. D'examiner notre rapport à nos activités et à celles que nous désirons entreprendre.
Et je dois poser ici un point de vigilance, parce qu'il compte. Ce que je viens de décrire n'est qu'une explication possible. La difficulté à se poser peut avoir bien d'autres causes : une anxiété, des difficultés d'attention, un épuisement, des périodes d'énergie ou d'excitation inhabituelles. Ce Flash Mieux-Être ne peut pas démêler tout cela, mais je peux vous indiquer des signaux qui méritent plus un avis médical qu'une simple lecture de votre rythme de vie.
Si vous constatez par exemple une fatigue qui persiste malgré le repos, un sommeil durablement dégradé, une humeur basse qui s'installe, ou le sentiment de ne plus tenir, voilà des cas où votre médecin généraliste, un psychologue ou un psychiatre pourra vous aider. Consulter n'est ni un échec ni un manque de volonté. C'est une manière de prendre soin de vous avec les bons interlocuteurs.
Quant à l'idée d'échappée, celle du titre, je la formule avec beaucoup de précaution : peut-être quelque chose, quelque part en vous, attend-il simplement d'être regardé ? Peut-être. Pas davantage.
Le cadre de ce Flash Mieux-Être
Maintenant, avant l'exercice, un mot de rappel sur le cadre de ce Flash. Je vous partage ici des repères généraux et des pistes de réflexion car bien évidemment je ne peux pas évaluer la situation de chacun à distance. Et si, en ce moment, vous traversez une détresse aiguë, ne restez pas seul avec cela : contactez le 112 ou un proche, sans attendre.
Exercice guidé d'ancrage
Je vous propose maintenant un exercice court. Il est facultatif : vous pouvez simplement m'écouter, ou le faire à votre rythme. Si, à un moment, quelque chose vous met mal à l'aise, vous pouvez arrêter, ouvrir les yeux et regarder autour de vous pour sortir de l'exercice.
Commencez par vous installer comme vous le pouvez, assis ou debout. Sentez vos pieds sur le sol, ou votre dos contre le dossier. Ressentez le poids de votre corps.
Passez rapidement votre corps en revue, sans rien chercher à changer : laissez-le naturellement se relâcher : les épaules, la mâchoire, le ventre. Constatez simplement où c'est tendu, où c'est plus souple.
Puis prenez deux respirations lentes, en laissant l'expiration un peu plus longue que l'inspiration, sans forcer. Si ce rythme n'est pas confortable, respirez simplement comme vous respirez habituellement.
Maintenant, pensez aux trois ou quatre occupations que vous menez de front en ce moment. Le travail, un projet, une relation, une pratique, peu importe. Nommez-les mentalement, ou notez-les sur un papier, sans chercher d'ordre.
À présent, posez-vous tranquillement cette première question : parmi toutes mes activités, laquelle me nourrit ?
Puis cette seconde question : laquelle pèse en silence, sans que je m'autorise à le voir ?
Peut-être que vous ne trouverez pas tout de suite de réponse. Dans ce cas, vous laissez simplement la question exister.
Revenez maintenant doucement à votre respiration. Qu'est-ce que vous ressentez, qu'est-ce qui s'est exprimé ? Notez-le pour pouvoir y revenir.
Un mot de précaution : cet exercice ne condamne ni l'ambition ni la curiosité. Il vise seulement à distinguer un rythme choisi d'un rythme subi. Si une émotion apparaît, c'est possible, et cela passe. Si elle est trop forte, ne restez pas seul avec elle : parlez-en à un proche ou à un professionnel.
Une petite expérience pour la semaine : vingt minutes sans but utile
Et si vous avez envie d'aller un peu plus loin, voici une petite expérience pour cette semaine, tout à fait facultative. Une seule fois, offrez-vous vraiment vingt minutes sans but utile. Pas de téléphone, pas de liste, rien à produire. Vous pouvez marcher, regarder par la fenêtre, vous asseoir dans un coin tranquille. Puis observez simplement ce qui se passe : de l'ennui, du soulagement, de l'impatience, peut-être un peu de tout. Aucune de ces réponses n'est mauvaise. C'est seulement une information sur votre rythme.
Vos questions reçues en message privé
Voyons à présent les questions que plusieurs d'entre vous m'ont écrit en message privé. Je ne cite aucun prénom, et je réponds de façon générale, sans pouvoir parler de la situation de chacun.
Première question : « Comment savoir si je suis juste occupé ou en train de fuir ? »
C'est une très bonne question, et honnêtement, je ne peux pas y répondre à votre place. Personne ne le peut à partir d'un simple message. Ce que je peux offrir, ce sont des repères : une difficulté réelle à s'arrêter sans culpabiliser, par exemple, ou les trois questions de tout à l'heure.
Un rythme choisi tolère généralement une pause sans malaise. Mais ce sont des pistes, pas un verdict.
Deuxième question : « Faut-il tout ralentir ? »
Pas nécessairement. Il s'agit d'abord de voir clair, pas de trancher dans le vif avant d'avoir compris comment nous fonctionnons avec nos activités et ce qui nous attire. Certaines personnes constatent qu'un petit ajustement suffit, d'autres que rien n'a besoin de changer. Prenez le temps de regarder avant de décider.
Autre question : « Je n'ai pas le choix : mon travail m'impose ce rythme. Comment faire ? »
Je vous entends, et je ne vais pas vous répondre qu'il suffit de ralentir. Quand le rythme vient de contraintes réelles, vous n'avez rien à vous reprocher. Mais même dans ce cas, il arrive qu'une petite marge existe : dix minutes qui vous appartiennent, une soirée où l'on ne planifie rien, un engagement facultatif qu'on peut reporter. Il ne s'agit pas de tout changer, seulement de chercher la marge qui reste, si elle existe. Et si ce rythme vous épuise au point que votre santé en souffre, parlez-en à votre médecin. Selon les situations, le médecin du travail peut aussi être un interlocuteur pertinent.
Dernière question : « Je n'arrive pas à me poser. Est-ce un trouble de l'attention ? »
Votre question est légitime, et je l'entends. Mais ni vous ni moi ne pouvons ici le déterminer avec certitude : seul un professionnel de santé, médecin ou psychologue clinicien, peut évaluer cela lors d'un entretien. Si cette difficulté est ancienne, ou si elle vous gêne vraiment au quotidien, c'est une très bonne raison d'en parler à votre médecin.
Ce qu'il faut retenir
Pour finir, reprenons l'essentiel :
- 1. Vouloir tout vivre est compréhensible, et la curiosité est une qualité.
- 2. Mais cela peut être, parfois, une manière d'éviter ce qui demanderait d'être regardé.
- 3. C'est une hypothèse, pas une certitude.
- 4. La question utile reste modeste : qu'est-ce qui pèse en silence ?
- 5. Et si une fatigue, une anxiété ou une tristesse s'installent, un professionnel de santé est le bon interlocuteur.
Pour cette semaine
Si vous avez envie d'avancer sur ce sujet durant cette semaine, repérez simplement l'occupation qui pèse le plus en silence. Et si l'envie vous en prend, tentez vos vingt minutes sans but utile. Rien d'autre à en faire pour l'instant, juste observer pour se mieux connaître et comprendre !
Rendez-vous mercredi prochain
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Rendez-vous mercredi prochain, le 21 octobre, pour parler de la relation avec nos adolescents, ces adolescents que les parents ont parfois l'impression de ne plus savoir comment les rejoindre.
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Merci de m'avoir écouté, et très belle soirée à tous.
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