Mon histoire complète
Ce qui suit est la version longue, intégrale, de mon parcours — non pas comme un récit “impressionnant”, mais comme un témoignage de traversée, de lucidité, et de reconstruction possible lorsque la vie impose un arrêt brutal.
Vulnérabilité — l’effondrement programmé
Dès mes premières années d’études à la Sorbonne en philosophie et musicologie, parallèlement à ma formation en musicothérapie et psychologie au Centre International de Musicothérapie Jacques Jost (1982–1985), j’explorais déjà les dimensions subtiles de l’être humain et les traditions spirituelles ancestrales. Mes voyages auprès des Gnawas du Maroc, des Bauls du Bengale, des musiciens tziganes ou de tradition arabo-andalouse, comme mon implication dans les enseignements spirituels de l’anthroposophie, de l’hindouisme et du bouddhisme, nourrissaient ma quête de sens et mon intuition profonde d’une médecine globale de l’être.
Cette aspiration spirituelle a longtemps cohabité avec une vie professionnelle intense où je partageais mon temps entre mes activités de musicien, de pédagogue musical et de citoyen profondément impliqué dans la vie de sa cité. Je cumulais concerts, œuvres de composition, direction d’une école de jazz, programmation de spectacles, et engagement citoyen dans la démocratie participative au niveau local. Puis, confronté à la difficulté d’assurer à une famille grandissante une stabilité financière à long terme dans un secteur culturel minoritaire — le jazz et la musique contemporaine —, je me suis engagé dans une formation informatique spécialisée en bases de données, web et technologies Linux open source.
Je menais dès lors une triple existence vertigineuse : le jour, architecte de systèmes logiques rigoureux dans le monde de l’ingénierie informatique ; le soir, musicien créateur et pédagogue ; les weekends, chercheur spirituel assoiffé de transcendance et citoyen engagé. Entre ces trois pôles exigeant chacun une présence totale, je déployais une énergie phénoménale, vivant à 300 à l’heure, dévorant tous les aspects de l’existence sans limite ni discernement : sport intensif, voyages incessants, excès de toutes sortes, sans aucune attention véritable à ma santé globale. Je refusais de choisir, je voulais tout embrasser simultanément, persuadé que mon ancrage spirituel et les exercices divers — dont la méditation qui le structurait — suffiraient à m’assurer équilibre et repos, ignorant que cette dispersion constituait en réalité une fuite en avant qui masquait un déséquilibre profond.
Premier avertissement ignoré — l’infarctus
Il y a dix-neuf ans, mon corps a envoyé un premier signal brutal : un infarctus, conséquence directe d’une longue surcharge de travail conjuguée à une rupture sentimentale douloureuse. Ce premier effondrement physique aurait dû constituer un tournant décisif. Mais sitôt remis, j’ai repris exactement le même rythme, la même dissociation entre mes aspirations profondes et mon mode de vie déséquilibré. J’avais compris intellectuellement le message, mais je ne l’avais pas intégré dans mon être. Je me suis contenté de remplacer l’activité informatique par l’ouverture de mon cabinet de thérapeute, me sentant prêt à servir après cette apparente victoire sur la maladie et le stress physique et émotionnel.
L’effondrement systémique — le coma et ses séquelles
Inévitablement, six ans plus tard, la vie m’a imposé une leçon autrement plus sévère. Continuant sur le même rythme, j’avais abouti à une situation qu’on pourrait qualifier de syndrome d’épuisement global ou systémique qui affectait simultanément toutes les sphères de mon existence : physique et énergétique, psychique et mentale, vie personnelle et professionnelle. Dans cet état profondément altéré, un accident de santé apparemment mineur a suffi pour que tout déraille : choc septique, découverte deux jours plus tard dans le coma.
Là, j’ai vécu un voyage aux portes de la mort qui a transformé à jamais ma compréhension de l’existence. J’ai rencontré mon grand-père et mon père qui m’ont accueilli chacun avec leur tempérament si particulier. J’ai reçu des enseignements de Baba Salé, un grand sage juif qui m’a confirmé ma mission de vie. J’ai visité les coins les plus reculés de l’univers, jusqu’aux colonnes de la création comme les appelle la NASA, où j’ai vu les âmes à venir se former comme des visages vibrant dans l’infini. Une expérience intransmissible par les mots, qui change un homme à jamais.
Sauvé de justesse, je me réveillais avec un crush syndrome qui avait complètement écrasé mon nerf sciatique droit depuis la fesse jusqu’au bout du pied, et avec des reins entièrement bloqués. Le verdict médical était sans appel : dialyse régulière jusqu’à une hypothétique greffe de rein, chaise roulante ou au minimum handicap locomoteur définitif. Pour quelqu’un qui incarnait le mouvement perpétuel, la suractivité comme mode existentiel, le coup était d’une ironie cruelle.
Transformation — le combat de quatre ans et la renaissance
Ce qui s’est engagé alors ne fut pas une simple rééducation, mais un véritable combat de près de quatre ans pour reconquérir mon intégrité. D’abord en imposant mes choix à l’institution hospitalière, refusant la fatalité du pronostic médical conventionnel : cette résistance n’était pas du déni, mais l’expression d’une intuition profonde — parce que tout mon parcours intérieur me soufflait qu’une autre voie était possible.
Parallèlement aux soins médicaux nécessaires, j’ai entrepris un travail énergétique et psychique intense et autonome. Des années d’études, de pratiques et de disciplines prenaient soudain un sens nouveau, urgent, vital, non plus comme une connaissance “sur” la guérison, mais comme une traversée “dans” la guérison. Ce n’était plus l’accumulation de savoirs : c’était leur mise en œuvre concrète, incarnée, dans l’urgence de ma propre survie ; chaque technique, chaque pratique, chaque enseignement était éprouvé dans le laboratoire de mon propre corps souffrant.
Lentement, contre toute attente médicale, j’ai retrouvé le plein usage de mon corps et une totale mobilité. Mes reins ont recommencé à fonctionner. Mon nerf sciatique s’est progressivement régénéré ; mon travail énergétique m’a permis de ne garder comme séquelle qu’une faiblesse de la jambe droite, qui m’oblige à une vigilance constante. Au-delà du physique, j’ai reconstruit un équilibre psychique stable, fondé cette fois non sur le déni de mes limites, mais sur leur reconnaissance, et sur l’apprentissage patient d’un autre rapport à la vie.
Aujourd’hui — une pratique forgée par l’expérience
Avec le temps, j’ai compris ceci : ma légitimité ne vient pas d’un récit, mais d’une cohérence entre ce que j’ai traversé, ce que j’ai intégré, et la façon dont j’accompagne personnes, couples ou familles dans leur recherche d’épanouissement authentique et dans la résolution de problématiques d’hygiène de vie, de réalisation de soi et d’harmonie relationnelle.
Mon accompagnement global s’organise autour de quatre pôles complémentaires — physique, psychologique, existentiel et spirituel — afin de considérer l’être humain dans sa globalité, et de relier ce qui, souvent, a été séparé en lui par l’histoire, les chocs, les contraintes ou l’oubli de soi. Mon intention n’est pas de “réparer” quelqu’un, mais d’ouvrir un espace d’écoute et de discernement où la personne redevient sujet de son propre chemin, et où elle peut progressivement restaurer énergie, alignement intérieur, et capacité à poser des actes nouveaux, plus ajustés avec son être profond.
Je ne promets ni solution miracle ni guérison instantanée : je propose un chemin patient, rigoureux, profondément humain, où l’on apprend à entendre les signaux, à quitter les compensations, à restaurer la vitalité, à stabiliser le psychisme, et à retrouver une direction intérieure suffisamment claire pour que la vie redevienne habitable — et, parfois, étonnamment féconde.
Jérôme Nathanaël - Janvier 2026
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